« Ellipses, histoires de passages »

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17/09 > 13/11 2020

Le Mikado-Arteppes, Annecy

L’exposition « Ellipses. Histoires de passages » est pensée comme un espace d’échanges et de dialogues, proposant aux visiteurs une rencontre intime avec les artistes, leur travail et leur histoire. Elle met en écho diverses formes de récits, témoignages, légendes, fables familiales et explore la notion de transmission. Quelle soit inter générationelle ou communautaire, l’action de transmettre est vecteur de socialisation et de continuation d’une civilisation. Pourtant, de nombreuses situations peuvent créer des disjonctions, des oublis, des brèches dans ce processus de passage qui vont néanmoins se révéler être des espaces d’appropriation et de création notamment pour les artistes. Les vidéos et installations exposées donnent de la visibilité à des individus, portent l’attention sur leur parole, leur silence, leur vécu, leur manière de résister et de raconter leur histoire. Le langage, les récits se construisent et les souvenirs se transfèrent. Les petites histoires, mêlées à la grande Histoire, nous parle de contextes historiques, sociaux et culturels. Les artistes expérimentent des formes pour matérialiser le travail de transmission en train de se faire et proposent des espaces et des temps où se superposent, s’entrechoquent des mémoires individuelles. La forme du portrait domine dans l’exposition et l’installation permet de restituer la dimension hétérogène et complexe de ces personnes. Les oeuvres mettent ainsi en évidence les intervalles entre le discours et la parole, l’image et le son ou entre l’image et le texte. L’écriture, parole et image se complètent et se perturbent à la fois, ouvrant un espace dialogique instable. La figure du témoin est récurrente dans les vidéo. Par son point de vue subjectif, il rend visible l’écart qui existe entre l’Histoire et l’expérience que chacun a du passé. Il met également au jour le travail de réappropriaiton du passé effectué par chaque individu pour mieux comprendre le présent. Les artistes vont donc puiser dans ces intervalles temporels, ces silences, ces manques, ces trous dans les récits, et explorent leur potentiel spéculatif. Le titre « Ellipses », terme emprunté au cinéma, est considéré comme un temps de vacance nécessaire et un espace disponible d’invention et de création. Il contribue à traverser des passages où la narration parfois se dérobe à sa propre lisibilité.

Pauline Boucharlat, commissaire de l’exposition